Vidéo « d'inondation à Cotonou » tournée ailleurs
Les images sont authentiques mais proviennent d'un autre pays, en 2022.
Publié le 13 sept. 2026 • Par l'équipe Vérif'All
Ce qui circule. Une vidéo montrant des rues totalement submergées, des véhicules immobilisés dans l'eau et des habitants pataugeant jusqu'à la taille circule largement sur les réseaux sociaux béninois, présentée comme filmée récemment à Cotonou lors d'un épisode de fortes pluies. La légende qui accompagne la vidéo varie selon les partages, mais revient systématiquement à l'idée que la capitale économique serait sous les eaux de façon inédite.
Ce type de contenu suscite une inquiétude légitime, les inondations saisonnières étant une réalité connue à Cotonou pendant la saison des pluies. C'est justement cette plausibilité qui permet à une vidéo prise ailleurs de circuler sans éveiller immédiatement le doute chez une majorité de personnes qui la reçoivent sur leur téléphone.
Le verdict en bref
Cette vidéo est trompeuse telle que présentée. Les images sont authentiques et montrent une véritable inondation, mais elles ont été filmées dans un autre pays, en 2022, bien avant leur mise en circulation sous une légende évoquant Cotonou. Aucun élément ne permet de relier ce contenu à un événement récent survenu dans la capitale économique béninoise.
Ce que montrent les éléments examinés
L'identification de l'origine réelle de la vidéo s'appuie sur une recherche d'image inversée à partir d'images fixes extraites de la séquence. Cette méthode permet de retrouver des publications antérieures montrant les mêmes scènes, souvent accompagnées d'une légende différente et d'une date de publication bien plus ancienne que celle suggérée par la rumeur actuelle.
Plusieurs détails visibles dans la vidéo, tels que l'architecture des bâtiments, les plaques d'immatriculation des véhicules visibles à l'écran et certains panneaux en arrière plan, ne correspondent pas à ce qui est habituellement observé à Cotonou, ce qui renforce la conclusion d'un lieu de tournage différent de celui annoncé.
Le décalage temporel constitue l'indice le plus solide : la vidéo a été identifiée dans des publications remontant à 2022, soit bien avant la date à laquelle elle a commencé à circuler sous l'étiquette d'une inondation cotonoise récente. Une vidéo ne peut matériellement pas documenter un événement survenu après sa date de captation initiale.
Notre analyse
Le recyclage de vidéos authentiques hors de leur contexte d'origine est l'un des procédés de désinformation les plus efficaces, précisément parce que les images elles mêmes ne sont pas truquées. Personne n'a besoin de fabriquer une fausse inondation lorsqu'il suffit de réutiliser des images réelles d'un événement survenu ailleurs, en les associant à un lieu et une date qui n'ont jamais été les siens.
Ce procédé fonctionne particulièrement bien pendant la saison des pluies, lorsque la probabilité d'inondations réelles à Cotonou rend chaque nouvelle vidéo plausible aux yeux du public, qu'elle soit authentique ou recyclée depuis un autre contexte. L'émotion suscitée par des images de sinistre encourage également un partage rapide, avant toute vérification préalable.
Ce schéma se répète d'une saison des pluies à l'autre, avec des vidéos différentes mais un mécanisme identique : des images réelles, prises ailleurs, resituées dans un contexte local pour renforcer leur impact émotionnel et accélérer leur vitesse de diffusion sur les réseaux sociaux.
Ce qu'il faut retenir
Les images qui circulent sont réelles, mais elles ne montrent pas Cotonou et ne datent pas d'aujourd'hui. Avant de partager une vidéo d'inondation présentée comme récente, il est utile de vérifier si elle a déjà circulé sous une autre légende, à une autre date, grâce à une recherche d'image inversée sur une capture extraite de la séquence.
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